Avec Misatango, le célèbre chorégraphe Julien Lestel nous ouvre les portes du paradis, pour un voyage spirituel de toute beauté. C’est le baiser du sacré au sensuel. L’étreinte lumineuse du liturgique et du langoureux. L’alliance bouleversante de la transcendance et de l’immanence. Les noces du recueillement et de la volupté. Et c’est tout simplement sublime. Sur l’envoûtante messe-tango de l’argentin Martin Palmeri, l’immense chorégraphe Julien Lestel crée une oeuvre d’une rare puissance, d’une immense ferveur, un chef-d’oeuvre à vous décrocher l’âme.

Corps et âme

Hier soir, les applaudissements ont crépité au Théâtre Libre. Une véritable ovation a salué la prouesse du chorégraphe Julien Lestel et de ses merveilleux danseurs. La danse du divin, interprétée à la perfection, a laissé le public sans voix. Envahis par une rare émotion, une foi profonde, un avant-goût de l’absolu, les spectateurs ont touché au sublime. Tout a commencé par des noces galantes. Un mariage des contraires, un contraste de styles, l’étrange alliance de la musique sacré et du tango, des textes latins et des rythmes syncopés, les deux visages du divin et de l’humain, du savant et du populaire, de l’ancien et du nouveau : la « messe à Buenos Aires », la Misatango. Sur scène, les corps semblaient méditer, les esprits danser. Dieu les appelait à chaque mouvement. C’est le sacré qui faisait voltiger les jupes du sensuel. La grâce divine qui offrait des ailes aux racines humaines. Résultat : on a assisté à la spiritualisation des sens, à la transcendance des corps, mieux à la lévitation des esprits. Chaque grand écart se transformait en osmose. Chaque geste en union. C’est dans ce refus de la séparation – du divorce entre l’âme et le corps, où le corps n’est plus que le tombeau de l’âme comme le proclamait Platon – que l’âme et le corps n’ont fait qu’un. Et c’est le miracle de Misatango. Misatango ou comment danser corps et âme. Grâce au merveilleux duo que forment la talentueuse productrice Alexandra Cardinale et l’admirable Julien Lestel, ce ballet nous a conduits au bout de nous-mêmes. Là où toutes les frontières s’estompent, là où toutes les séparations s’abolissent, là où toutes les divisions fondent comme neige au soleil. Le duo a fait preuve d’une intelligence rare en nous montrant que la vraie liberté était à ce prix. Dans la réconciliation de l’être. Dans l’ouverture au champ des possibles. Dans cet illimité qu’il offre. Grâce à Misatango, c’est l’homme dans toute son entièreté qui nous est donné. L’être dans toute sa complétude. L’âme n’envoie plus promener poliment le corps, le spirituel ne nous est plus confisqué, les sens ne s’opposent plus à l’esprit, ils fusionnent. De cette soudaine réconciliation jaillit l’intégralité de l’homme. Divin prodige, marque de la grandeur humaine, cette Misatango, cette « messe préférée du Pape François », génialement chorégraphiée par Julien Lestel, a conquis définitivement Paris hier soir.

I.G

Le chorégraphe Julien Lestel
La productrice Alexandra Cardinale

DU 25 AU 29 MARS 2026 

MISATANGO / BOLERO 

BALLET JULIEN LESTEL

THEATRE LIBRE

4 boulevard de Strasbourg

75010 PARIS

ACCUEIL BILLETTERIE : 01 42 38 97 14

Danseuses et danseurs du BJL : Eva Bégué, Celian-Maël Bruni, Maxence Chippaux, Allan Géreaud,  Roxane Katrun, Ingrid Lebreton, Inès Pagotto, Louis Plazer, Timothée Rouby, Mara Whittington.

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